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Les chefs des trois partis font une pause pour préparer le débat télévisé

Le mardi 13 mars 2007

MONTREAL (PC) - La campagne électorale des chefs des trois principaux partis a été mise en sourdine, lundi, en vue du débat télévisé de mardi. Leur absence à l'avant-plan de la campagne n'a pas été synonyme toutefois de silence sur les enjeux électoraux puisque bien des groupes ont décidé de profiter de cette journée pour rappeler leurs attentes.

Etudiants, écologistes ou représentants de la santé, tous ont tenu à se faire entendre en cette vingtième journée de campagne qui s'est déroulée sans le bruit des campagnes du Parti libéral, du Parti québécois et de l'Action démocratique du Québec.

Autant André Boisclair, Jean Charest que Mario Dumont ont passé la journée à se préparer à l'affrontement télévisé, qui prend de plus en plus de place dans les campagnes électorales. Dans le cadre de cette campagne, avec une tendance dans les sondages qui démontre que la lutte est très serrée, les analystes s'entendent pour dire que les attaques risquent d'être cinglantes, agressives et brutales.

Etant donné l'enjeu, cette journée de pause revêt une importance encore plus grande. En compagnie de leurs proches conseillers, les chefs ont étudié leur stratégie, répété leur lignes d'attaque et se sont remémorés quelques aspects majeurs de leur programme.

Seul le chef péquiste André Boisclair est sorti de sa retraite pour accorder une longue entrevue sur les ondes de la radio, où il a dû faire face à un lot de questions des auditeurs curieux de certains engagements péquistes. M. Boisclair y a donné un aperçu de ce qu'il risque de répéter lors du débat pour attaquer ses adversaires.

Ainsi, il ne s'est pas gêné pour affirmer que l'attitude de M. Dumont, qui refuse de dévoiler le cadre financier de ses engagements ne "fait pas très sérieux". La prestation du chef adéquiste, dimanche soir, à l'émission "Tout le monde en parle", l'a mis sur la sellette. M. Dumont a refusé de compléter un tableau évaluant les montants de ses propres engagements.

M. Boisclair s'est aussi moqué des ratés de la campagne libérale, soulignant que Jean Charest n'arrive même pas à convaincre son proche entourage de la qualité de son bilan, notamment en santé où même le député libéral Pierre Paradis admet que les réalisations du gouvernement sortant ne sont pas aussi bonnes que M. Charest aime le prétendre.

En l'absence de Jean Charest, les libéraux avaient délégué une poignée de candidats et ministres pour rappeler leurs engagements envers les travailleurs autonomes.

Le Parti libéral souhaite notamment hausser le seuil d'exemption de la taxe de vente du Québec de 30 000$ à 50 000$ de chiffre d'affaires. Selon la présidente du Conseil du trésor et candidate libérale dans Marguerite-Bourgeoys, Monique Jérôme-Forget, 45 000 travailleurs autonomes de plus n'auraient plus à collecter la TVQ et à remplir les formulaires pour la retourner au gouvernement.

Mais l'essentiel de la journée a été occupée par des groupes de pression de tous les secteurs. En conférence de presse, le Réseau québécois des groupes écologistes a dénoncé l'échec politique et réclamé des engagements réels de la part des partis.

A leur avis, non seulement l'environnement n'occupe pas la place qui lui revient dans les débats, mais les écologistes estiment que les dossiers environnementaux ont été complètement ignorés.

Aucun politicien n'échappe à leurs reproches. Ainsi, ils dénoncent la couleur verte des pancartes et des discours qui s'accompagnent d'une absence totale de volonté ou de courage politique pour poser les gestes qui feront une différence.

Ils réclament de tous les chefs qu'ils prennent des engagements "réellement verts" pour protéger l'environnement.

Très présents en début de campagne, les étudiants ont aussi fait entendre leur voix, lundi. Sondage à l'appui, les universitaires affirment que les Québécois sont derrière eux pour refuser l'engagement électoral de Jean Charest de hausser les droits de scolarité.

Le sondage que la Fédération étudiante universitaire du Québec a commandé révèle que 61 pour cent des 600 personnes interrogées sont en désaccord avec la proposition du Parti libéral de hausser de 50 $ par session les droits de scolarité.

De son côté, la Coalition Solidarité Santé, qui regroupe des organismes communautaires et syndicaux, a lancé un appel aux partis, leur demandant de dire jusqu'où ils sont prêts à aller pour résorber les listes d'attente dans le réseau public et pour empêcher la montée d'un système privé parallèle.}