La Commission des droits de la personne publie son rapport sur l’homophobie
Le mercredi 07 mars 2007MONTREAL (PC) - Le vice-président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Marc-André Dowd, se réjouit de l'accueil négatif réservé aux propos homophobes tenus par l'animateur de radio Louis Champagne quant à l'orientation sexuelle d'André Boisclair et de Sylvain Gaudreault, candidat péquiste dans Jonquière.
Il est important de dire clairement que ce sont des propos homophobes qui ont été tenus et qui doivent être dénoncés. Cela dit, la commission se réjouit du fait que ces propos ont été, dans les faits, largement dénoncés", a commenté M. Dowd, à l'occasion d'une conférence de presse, mardi, au cours de laquelle il rendait public le rapport de consultation du Groupe de travail mixte contre l'homophobie."On se réjouit du fait que les propos ont suscité une réaction et ont été largement dénoncés par plusieurs acteurs et plusieurs personnes", a ajouté M. Dowd.
Quelques heures auparavant, on apprenait que la direction de Corus Québec jugeait "inacceptables" les propos homophobes de l'animateur Louis Champagne au point de le suspendre de ses fonctions, le temps de faire la lumière.
M. Champagne avait insinué que les employés des usines d'Alcan et de Price de la région pourraient hésiter à voter pour Sylvain Gaudreault du fait qu'il est homosexuel, comme son chef André Boisclair.
Pour bien montrer que l'homophobie est bien présente dans la société, M. Dowd a ensuite relaté que le Tribunal des droits de la personne venait tout juste de donner raison à un jeune de 17 ans qui avait perdu son emploi en raison de son orientation sexuelle.
Le jeune avait été congédié du salon de bronzage où il travaillait par la propriétaire qui disait avoir eu des plaintes de clients voulant que son employé n'était pas assez masculin pour faire le travail. Elle l'avait congédié, soi-disant pour le protéger des commentaires négatifs sur son apparence. Elle va devoir lui payer des dommages.
Pour revenir au rapport, il établit un bilan de situation quant à l'homophobie, suggère des mesures d'adaptation dans les services publics et cible des interventions prioritaires. Sous le titre de "De l'égalité juridique à l'égalité sociale", les auteurs recommandent l'établissement d'une politique nationale de lutte contre l'homophobie, la désignation d'un ministre responsable de sa mise en oeuvre soutenu par une structure administrative à créer.
"Même si des législations ont reconnu aux personnes des minorités sexuelles des droits qui leur ont été refusés pendant longtemps, les préjugés persistent dans les mentalités confortés par une méconnaissance ou un manque d'information sur les réalités de ces personnes. A cette étape-ci, la lutte contre l'homophobie constitue la pierre angulaire pour parvenir à enrayer les préjugés et mettre fin aux discriminations envers les personnes des minorités sexuelles", a fait valoir M. Dowd.
Le porte-parole de la commission reconnaît que si, pour une bonne partie de la population, la tolérance à l'égard des gais et lesbiennes, des personnes bisexuelles, transsexuelles et transgenres s'est muée progressivement en acceptation, il demeure des comportements homophobes et de la discrimination qui comportent de lourdes conséquences pour ceux qui en sont victimes et ceux qui craignent d'en devenir la cible. D'où l'urgence d'agir.
La réaction du ministre de la Justice et Procureur général, Yvon Marcoux, n'a pas tardé. "Le gouvernement entend donner suite à la recommandation de la Commission d'adopter une politique nationale de lutte contre l'homophobie", s'est engagé le ministre par voie de communiqué.
Pour leur part, les communautés gaie et lesbienne (LGBT) québécoises accueillent avec enthousiasme les recommandations de la commission qui devraient leur permettre d'en arriver au plus tôt à l'égalité sociale.
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