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Dumont exige la démission d'un ministre, Charest l'accuse d'être malhonnête

Le jeudi 15 mars 2007

MONTREAL (PC) - Le pavé lancé dans la mare par le chef adéquiste Mario Dumont en plein débat télévisé, mardi soir, a continué à avoir des répercussions, obligeant le ministre des Transports, Michel Després, à sortir de sa campagne électorale personnelle pour répliquer aux allégations.

En conférence de presse, flanqué d'une fonctionnaire du ministère propulsée dans ce débat partisan bien malgré elle, M. Després a accusé le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ) de "manipuler l'information" à des fins de "petite politique" partisane.

En plein débat, mardi soir, M. Dumont a désarçonné M. Charest en brandissant deux notes de service de 2004 et 2005 d'ingénieurs du ministère des Transports soulignant des problèmes de structure au viaduc de la Concorde, à Laval. La structure s'est effondrée l'automne dernier, causant cinq décès et blessant six personnes. Le document indique par contre "qu'aucune intervention particulière est recommandée à court terme pour corriger les défauts observés", une section que M. Dumont s'est bien gardé de citer lors du débat.


Mais loin de reculer, le chef adéquiste en a remis, mercredi, exigeant la démission du ministre Després qu'il accuse de négligence et de camouflage dans toute cette affaire.


"Aujourd'hui je pense que le ministre des Transports, même si son mandat arrive à sa fin, doit quitter ses fonctions", a lâché M. Dumont, d'un ton catégorique.

Le principal intéressé a balayé du revers de la main la demande de M. Dumont. Il "devrait s'excuser d'utiliser une tragédie à des fins électoralistes. Jamais un gouvernement ne mettrait en danger la sécurité de la population", a martelé M. Després.


Plus encore, le ministre libéral a insisté pour souligner que, contrairement à ce que laisse entendre M. Dumont, il n'y a aucun lien entre le rapport d'expertise de son ministère soulignant les faiblesses du viaduc et l'effondrement lui-même.


Le ministre Després a eu droit à l'appui inconditionnel de son chef.


De passage au Saguenay, le chef libéral Jean Charest n'a pas mâché ses mots, affirmant qu'en agissant comme il l'a fait, en ne dévoilant pas tout le contenu du document, M. Dumont avait fait la démonstration qu'il "n'est pas à la hauteur des tâches qu'il veut assumer".


"Ce que M. Dumont a fait hier, c'est malhonnête, il faut le dire. D'ailleurs, quand il cite un document qu'il sort d'un chapeau, il ne cite pas tout le document", a soutenu le chef libéral.


Le chef péquiste André Boisclair, qui se situe un peu en périphérie de tout ce débat, s'est contenté de répéter, mercredi, que la "question de fond, c'est de savoir depuis combien de temps M. Dumont a ce document entre les mains". Si M. Dumont a ce document depuis quelque temps et n'en a pas soufflé mot, c'est irresponsable, a souligné M. Boisclair.


Bien loin de cet affrontement entre l'ADQ et le PLQ sur la question du viaduc, le chef péquiste André Boisclair a lancé un appel aux souverainistes.

La tendance des récents sondages démontre que si l'appui à la souveraineté se maintient, la popularité de M. Boisclair est beaucoup moindre, laissant croire que bien des souverainistes s'apprêteraient à voter pour un autre parti que le Parti québécois (PQ).

"Que les souverainistes qui seraient tentés de voter pour l'Action démocratique comprennent bien que c'est au Parti québécois que ça va se passer", a lâché le chef du PQ, en point de presse, incitant ses ouailles à rentrer au bercail.

L'absence de Charest remarquée

Alors qu'il courtise les électeurs depuis 22 jours, le chef libéral en a ulcéré plusieurs par son absence lors d'un forum spécial de la Fédération québécoise des municipalités. M. Charest avait confirmé sa présence, mais a annulé à la dernière minute, déléguant la ministre Nathalie Normandeau.

"Nathalie Normandeau était là pour nous représenter et elle a très bien fait ça", a déclaré M. Charest, au grand étonnement des journalistes.

En fait, Mme Normandeau n'a jamais mis les pieds à la rencontre réunissant les maires des municipalités les plus démunies. Comme les chefs du Parti québécois et de l'Action démocratique avaient confirmé leur participation, la FQM a refusé l'offre des libéraux qui souhaitaient y dépêcher la ministre.

Ce faux-pas de M. Charest a mis dans tous ses états le maire de la petite localité de Portneuf-sur-Mer et préfet de la MRC La Haute-Côte-Nord, Jean-Marie Delauney. "Je suis très, très déçu. Refuser de venir nous rencontrer, c'est un déshonneur pour lui", a-t-il affirmé, la voix étranglée par l'émotion.

Option Canada

Par ailleurs, si Jean Charest doit se démener avec toute l'affaire du viaduc de la Concorde et de la colère des maires de la FQM, il a pu pousser au moins un soupir de soulagement, mercredi.

Par l'entremise d'un communiqué de presse, le directeur général des élections du Québec, Marcel Blanchet, a confirmé qu'il accordait un nouveau délai jusqu'à la mi-mai au juge Bernard Grenier, qui agit à titre de commissaire enquêteur dans l'affaire d'Option Canada.

En d'autres mots, le dossier Option Canada n'aura finalement aucun impact dans l'actuelle campagne électorale provinciale. Le juge Grenier doit se pencher sur des allégations contenues dans le livre "Les secrets d'Option Canada" de Normand Lester et Robin Philpot, touchant notamment le financement du camp du "non" lors du référendum de 1995.

Le juge Grenier a demandé ce report en raison de l'élection, faisant valoir que celle-ci a rendu difficile d'interroger certains témoins impliqués dans la campagne, sans préciser lesquels.}