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André Boisclair ne doit pas devenir un bouc émissaire, dit Fernand Daoust

Le vendredi 30 mars 2007

MONTREAL (PC) - Fernand Daoust, ancien président de la Fédération des travailleurs du Québec et militant souverainiste, appelle les membres du Parti québécois au calme dans la foulée de la déconfiture électorale de lundi.

"Ca vient d'arriver. On a été ébranlés, terriblement ébranlés; enfin ceux qui croient à la souveraineté du Québec. Alors calmons-nous quelque peu et réfléchissons", a déclaré M. Daoust à la Presse Canadienne jeudi, à l'issue de l'assemblée annuelle des actionnaires de la Banque TD, à Montréal.

"Je pense qu'il faut prendre le temps voulu, analyser et ne pas chercher un bouc émissaire, a-t-il ajouté. (...) La théorie du bouc émissaire, ça m'agace et je pense que c'est un peu facile. Ca défoule peut-être, mais je ne suis pas dans cette phase d'analyse-là."

Fernand Daoust s'inscrit donc en faux contre l'ex-premier ministre péquiste Bernard Landry, qui a soulevé la question du leadership du chef actuel, André Boisclair, mercredi. Les principaux animateurs du club politique péquiste Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-libre), Pierre Dubuc et l'ancien syndicaliste Marc Laviolette, sont allés dans le même sens, M. Dubuc allant jusqu'à demander le départ de M. Boisclair.

M. Daoust a néanmoins convenu que le PQ devait "remettre en question toutes (ses) grandes orientations". Mais pas au point de renier le projet souverainiste, qui demeure selon lui l'objectif "le plus mobilisateur et le plus stimulant" du parti.

"Il va falloir revoir le programme sans aucun doute, mais de se doter d'un pays (...), ça va toujours nous accompagner, du moins une bonne partie des Québécois, a-t-il soutenu. (...) Je sais qu'il y a des choses à changer."

L'ancien syndicaliste a dit craindre qu'une "décision précipitée" au sujet du leadership péquiste n'entraîne "une fuite en avant".

"Je pense qu'il faut faire un profond examen de conscience, a-t-il estimé. Qui que nous soyons, tout le monde un peu. Mais ça change tellement vite dans nos sociétés, au Québec. Qui sait (ce qui arrivera)? Soyons patients."

En janvier, Fernand Daoust s'était pourtant montré plus sévère à l'endroit d'André Boisclair, parlant d'un "malaise" et se disant "perplexe" quant à l'avenir du PQ. Les déclarations controversées du chef péquiste à l'endroit des syndicats l'avaient particulièrement irrité.

Les députés péquistes, avait-il dit, "doivent dans un premier temps porter un jugement sur le type de leadership que nous vivons tous à l'intérieur du parti à ce moment-ci".

Fernand Daoust milite au sein du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MEDAC), le groupe fondé par celui qu'on a surnommé le "Robin des banques", Yves Michaud. Ce dernier s'est récemment interrogé publiquement sur l'aptitude de M. Boisclair à conduire le Québec à l'indépendance.}