Une étude propose l'abolition des frais de scolarité plutôt que leur hausse
Le mardi 23 janvier 2007MONTREAL (PC) - Des chercheurs soutiennent, étude à l'appui, qu'il serait plus viable d'abolir les frais de scolarité à l'université que de les augmenter.
L'étude réalisée par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques conclut qu'il en coûterait, au maximum, 550 millions $ au gouvernement du Québec pour assumer les coûts de la gratuité scolaire. Cette somme pourrait être déduite des avantages fiscaux aux entreprises, une décision qui ne repose que sur un choix politique, selon les chercheurs.Ils estiment que cette approche permettrait de mettre un terme au sous-financement des universités.
Ils ajoutent que la gratuité augmenterait l'accessibilité aux études ainsi que le nombre d'étudiants qui poursuivraient leur formation jusqu'à l'obtention du diplôme, tout en réduisant l'endettement et les conséquences négatives qui en découlent.
Quant à l'autre hypothèse souvent invoquée pour contrer le sous-financement, soit l'augmentation des frais de scolarité, les chercheurs soutiennent que ces frais ne transfèrent qu'une portion marginale des coûts d'opération des universités aux étudiants sans compenser ou même freiner la baisse du financement gouvernemental. Ils estiment donc que cette solution n'a que des conséquences négatives sur les étudiants sans régler le sous-financement chronique des institutions d'enseignement supérieur.
"La porte de sortie facile serait de monter les frais des étudiants, mais ça entraîne toutes sortes de conséquences sur la solvabilité des diplômés, sur la persistance aux études", a déclaré lundi Eric Martin, consultant en analyste politique à l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques.
"Tout ce qu'on dit, c'est que ces hausses-là ne sont pas la panacée promise", a-t-il ajouté.
Les chercheurs soulignent que les expériences d'augmentation des frais de scolarité dans les autres provinces et en Grande-Bretagne démontrent que les gouvernements qui font ce choix font fausse route.
Dans tous les cas, ces hausses se sont traduites par une augmentation de l'endettement étudiant, une baisse de la fréquentation des jeunes issus de milieux moins favorisés, une baisse généralisée des admissions et le maintien des problèmes de sous-financement.}









