Cogeco Nouvelles

(Cogeco Nouvelles) - Plusieurs citoyens de la ville de Rigaud, en Montérégie, sont aux prises avec des inondations d'une rare ampleur. Et cela risque de s'aggraver en raison des importantes précipitations prévues jusqu'à samedi matin.

Globalement, la situation a continué de se dégrader, vendredi, dans le sud du Québec alors que les niveaux de plusieurs cours d'eau refusent de baisser en raison des précipitations.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s'est rendu à Rigaud, où l'état d'urgence a été décrété jeudi, afin de constater de ses propres yeux les dégâts causés par Dame Nature.

« Ça ne se gère pas à haute altitude ces choses-là, ça se gère sur le terrain », a-t-il déclaré pour expliquer sa présence sur place.

La petite municipalité de Montérégie n'a pour l'instant forcé aucune évacuation mais recommande aux habitants de 470 résidences de quitter leur domicile. Plusieurs dizaines de résidences ont été inondées par la montée des rivières Rigaud et des Outaouais, d'autres sont menacées alors que plusieurs se retrouvent complètement isolées par une crue qui a submergé les uniques accès.

Plusieurs riverains ont été évacués et pris en charge par la Croix-Rouge.

Le maire de Rigaud, Hans Gruenwald, a dit vouloir travailler par persuasion plutôt que par coercition avec ses citoyens.

« On ne veut pas sortir le rouleau compresseur », a-t-il lancé.

Il était par ailleurs très satisfait des interventions des autorités provinciales et rassuré par le fait que Québec a déjà prévu venir en aide aux sinistrés.

« J'ai déjà signé un arrêté ministériel qui va permettre de rendre des sommes disponibles », a précisé le ministre Coiteux.

Celui-ci a d'ailleurs reconnu que le printemps 2017 ne se classait pas dans la norme.

« C'est une grosse année. Il y a plusieurs communautés qui sont touchées cette année. Souvent c'est très localisé. Cette année, c'est dispersé un peu partout sur le territoire », a-t-il dit.

Ailleurs en Montérégie, quelques résidences et chemins sont aussi inondés ou menacés de l'être à L’Île-Cadieux, Pointe-Fortune et Terrasse-Vaudreuil.

En Outaouais, les municipalités de Pontiac et de Saint-André-Avellin ont également décrété l'état d'urgence. Dans le premier cas, la rivière des Outaouais a inondé une vingtaine de résidences et plusieurs rues alors que, dans le second cas, c'est la rivière Petite-Nation qui cause des maux de tête et submerge des voies de circulation.

Des résidences ont aussi été isolées ou inondées dans les municipalités de Ripon, Cayamant, Duhamel, Gracefield, Montpellier et Waltham.

La Ville de Gatineau maintient aussi une surveillance étroite de la situation alors que certaines rues sont inondées.

Dans Lanaudière, une centaine de résidences de Mandeville ont été isolées par la crue de la rivière Mastigouche, alors qu'à l'île Dupas, c'est le fleuve Saint-Laurent qui a isolé une vingtaine de maisons.

Dans les Laurentides, des résidences ont été inondées ou isolées et des chemins sont inaccessibles dans les municipalités de Deux-Montagnes, Harrington, Kanesatake, Pointe-Calumet, Prévost, Saint-André-d'Argenteuil, Saint-Joseph-du-Lac, Sainte-Marthe-sur-le-Lac et Val-Morin. On rapporte plusieurs évacuations dans cette région.

Les centres urbains ne sont pas épargnés: dans la région de Montréal, la rivière des Prairies a inondé 18 résidences sur l'île Mercier et les secteurs de l’Île-Bizard-Sainte-Geneviève, d’Ahuntsic-Cartierville et de Pierrefonds-Roxboro sont également touchés, bien qu'on ne rapporte aucune évacuation pour l'instant, malgré des résidences inondées, et une dizaine de résidences de Laval sont menacées par la crue des eaux.

Plus à l'est, dans le Centre-du-Québec et en Mauricie, la rivière Bécancour a inondé une route, ce qui affecte une vingtaine de résidences dans la municipalité du même nom et, de l'autre côté du fleuve, des dizaines de résidences sont isolées à Louiseville, Maskinongé et Yamachiche.

« On entendait une vague qui frappait en dessous de notre plancher, a déclaré Michel, un sinistré qui doit rester à la bibliothèque de Rigaud. C'était comme si on était couchés dans la mer .»

À Rigaud, notre reporter Julie-Christine Gagnon a pu constater l'ampleur des dégâts.

(Avec La Presse canadienne)