Garçons ou filles les aider à mieux vivre la période des devoirs
Le jeudi 08 mars 2007
Ces passages sont extraits du livre ’’Au retour de l'école… La place des parents dans l'apprentissage scolaire" par Marie-Claude Béliveau, Éditions de l’Hôpital Sainte-Justine.
Sans vouloir généraliser, force est de constater à l'expérience que l’école est souvent plus difficile pour les garçons que pour les filles. (...) Il existe bien sûr des facteurs sociaux qui expliquent en partie ces situations; par exemple, les garçons ont plus besoin de bouger, sont souvent moins attentifs en classe et se soumettent moins facilement à la «position passive» inhérente à l’écart entre enseignant et apprenant. S’ajoutent à cela des facteurs neurologiques liés à la constitution du cerveau, qui ne fonctionne pas de la même façon chez un garçon que chez une fille. (...) Une autre différence entre les garçons et les filles réside dans les processus cognitifs de traitement de l’information. (...)
Comment aider les garçons à mieux s’épanouir à l’école et au moment des travaux scolaires à la maison ?
1-Éviter de comparer les travaux des garçons et des filles, à l’école comme à la maison; les différences sont souvent évidentes, mais les efforts et la valeur des résultats atteints doivent être reconnus à partir de critères différenciés et propres à chacun.
2-Tolérer le fait que les travaux des garçons soient moins soignés, notamment au plan de la calligraphie, surtout si le contenu est représentatif des capacités de l’enfant et des compétences visées pour l’évaluation dudit travail.
3-Prévoir un temps de repos et d’activité ludique, voire motrice, entre la journée scolaire et la période des devoirs et des leçons.
4-Tolérer leur besoin de bouger et de se lever à quelques reprises au cours de la période des travaux scolaires à la maison.
5-Encourager les garçons à lire des livres riches en aventures et en action ainsi que des livres-jeux qui leur permettent de se sentir concernés pendant cette activité un peu plus passive qu’est la lecture.
6-Les encourager à utiliser des surligneurs, à faire des dessins et des schémas, et à inventer des exemples tirés de leurs propres expériences. Ainsi, ils assimileront mieux ce qu’ils ont à apprendre pendant l’étude. Les inciter à être actifs, même mentalement, durant cette période.
7-Utiliser des métaphores et illustrer vos explications par des exemples, même s’ils vous paraissent loufoques lorsque vous tentez de leur expliquer une notion qu’ils auraient mal comprise.
8-Les aider à se fixer des objectifs d’apprentissage et à comprendre le «pourquoi» d’une règle; quand ils comprennent l’avantage ou la raison d’être de certaines règles, ils acceptent mieux de s’astreindre à les appliquer même lorsque, de prime abord, ces règles leur semblent peu logiques. Ils retiendront mieux les règles s’ils peuvent imaginer et comprendre pourquoi elles leurs sont imposées. En français, certaines règles sont particulièrement difficiles à retenir pour ces enfants. Il faut parfois avoir beaucoup d’imagination pour trouver une raison de les appliquer! Les enseignants gagneront à invoquer le passé et l’avenir de notre langue riche, mais parfois capricieuse, pour leur en inculquer la valeur. Par la suite, ils devraient avoir plus de facilité avec le «comment» l’appliquer (étape par étape).
9-Favoriser chez eux l’utilisation de l’ordinateur pour les travaux scolaires ainsi que pour l’étude des leçons (par exemple, jouer avec les polices de caractère afin de mieux retenir l’orthographe de certains mots de vocabulaire plus difficiles à mémoriser).
10-Favoriser l’engagement d’hommes significatifs auprès des garçons. L’école ne peut pas prendre un sens important à leurs yeux si elle n’est perçue que comme l’affaire des filles.
11-Accepter les moments de colère et l’agressivité suscités par le vécu scolaire. L’enfant doit pouvoir s’exprimer, bien que sans violence.
12-Éviter à tout prix le contrôle et l’intrusion parentale autour de la période des travaux scolaires.
13-Être créatif et utiliser l’humour pour désamorcer les tensions et ne pas hésiter à consulter au besoin.
En ce qui concerne les devoirs, les filles s’en sortent généralement mieux que les garçons. (...) Si problème il y a, c’est souvent plus en mathématiques. (...) Elles se retrouvent souvent en panne en résolution de problèmes parce qu’elles doivent bien saisir le sens des données avant d’appliquer les techniques qu’elles maîtrisent pourtant très bien. Elles ont aussi parfois de la difficulté à distinguer l’essentiel de l’accessoire. (...) En lecture, la multitude des détails absorbe parfois leur attention et les empêche de bien comprendre le sens général du texte. (...) Il est également possible qu’elles aient plus de mal à répondre à des questions dont la réponse n’est pas explicite dans le texte. Dans cette perspective, plusieurs filles développent une grande dépendance envers leurs parents au moment des devoirs et des leçons. (...) Un autre problème guette les filles généralement douées à l’école: l’anxiété de performance.
Comment aider les filles à mieux vivre l’école ainsi que la période des devoirs et des leçons ?
Ne pas hésiter à expliquer les notions mal comprises, tout en prenant soin d’aider l’enfant à bien saisir le sens de ce qu’elle fait grâce à des exemples puisés dans la vie quotidienne.
L’encourager à dessiner ce qu’elle a compris d’un texte qui a d’abord été lu dans sa tête afin d’améliorer la vitesse de lecture permettant d’accéder plus facilement au sens et d’éviter qu’elle se concentre trop sur les détails. Il sera parfois avantageux qu’elle le résume verbalement avant d’en représenter l’essentiel sous forme de dessin ou de schéma.
Avant de répondre à ses questions sur le sens d’une consigne mal saisie, lui demander de tenter de formuler dans ses propres mots ce qu’elle en a compris même si elle rétorque qu’elle n’a RIEN compris. L’encourager à relire au besoin. Bien souvent, le seul fait de mettre en mots force la pensée à la cohérence et aide à éclaircir l’idée à saisir, surtout lorsque les habiletés langagières sont bien développées.
En mathématiques, demander ce même effort de compréhension en lui suggérant de reformuler dans ses mots ce qu’elle a saisi d’un problème ou d’un concept qui lui semble obscur.
Expliquer le «comment faire» sans toutefois négliger le «pourquoi le faire», dans toutes les situations scolaires où elle peut avoir tendance à exécuter sans nécessairement comprendre la raison qui sous-tend l’application des règles.
L’encourager à chercher le sens de ce qu’elle fait, surtout si les apprentissages de mémorisation sont faciles pour elle et l’aident à obtenir un bon rendement. Tôt ou tard, ces notions apprises par cœur cesseront de lui être utiles si elle ne sait pas dans quel contexte les utiliser.
Faire attention au perfectionnisme et à l’anxiété de performance qui peut facilement se développer chez les filles douées à l’école. Tenter de les amener à établir un équilibre entre les différents secteurs de leur vie en les encourageant à développer des intérêts diversifiés aussi bien à l’école qu’ailleurs. Leur développement social, moteur et artistique est tout aussi important pour acquérir et conserver un sentiment de compétence. Ainsi elles auront assez confiance en elles pour atteindre la réussite.
Comme parent, il faut se souvenir que la règle d’or à observer dans l’éducation des enfants sera toujours celle du juste milieu, du «ni trop, ni trop peu». En ce sens, les parents doivent guider et encadrer leur enfant sans chercher à trop en faire pour lui et sans non plus laisser aller. (...) Se situant «autour» et non «dans» le sac d’école, les parents ont pour tâche de créer un climat propice aux apprentissages et d’utiliser des moyens concrets pour accompagner leur enfant dans sa démarche sans en abuser. (...) L’école c’est l’affaire de l’enfant et personne ne parviendra à forcer sa motivation s’il ne trouve pas lui-même sa place à l’école.













