Camps d'été, comment s'y prendre
Le mardi 13 mars 2007
Par Alyne Samson de la revue Coup de Pouce
Notre enfant est-il prêt à aller au camp?
Quelle formule choisir?
À quoi faut-il s'attendre?
Voici 16 questions et réponses pour nous guider et nous rassurer.
Avant l'inscription
1. Quels bienfaits le camp de vacances peut-il apporter à mon enfant?
L'enfant y apprend la communication, l'affirmation de soi et l'entraide. L'exemple d'autres enfants et de moniteurs adolescents qui font preuve d'enthousiasme et d'esprit d'équipe peut le stimuler à acquérir des comportements très positifs. Le séjour lui permet aussi de constater qu'il a sa propre vie, distincte de la nôtre, et de développer son autonomie.
2. Camp de jour ou camp de vacances?
Les deux options offrent un éventail d'activités récréatives, éducatives, sportives, scientifiques ou artistiques. On choisit en fonction de notre enfant et de notre budget. Notre jeune est-il à l'aise avec l'idée de dormir ailleurs? Se sent-il prêt à faire l'expérience? Préfère-t-il un «combo»: deux semaines au camp de jour suivies de vacances avec nous, une quinzaine au camp de vacances et la fin du congé chez ses grands-parents?
3. À quel âge envoie-t-on son enfant dans un camp?
Les camps de jour accueillent les enfants dès 3 ans; les camps de vacances les reçoivent à compter de 4 ans, certains offrant des séjours d'initiation de moins d'une semaine pour les tout-petits. Les deux offrent des programmes pour tous les groupes d'âge jusqu'à 16 ou 17 ans.
4. Qui sont les moniteurs?
Plus de 4500 jeunes de 17 à 23 ans occupent des postes saisonniers dans les camps (moniteurs, sauveteurs, spécialistes en activités, cuisiniers, etc.). Dans les camps accrédités, seulement 35% du personnel est âgé de 17 ans, le reste du personnel est âgé de 18 ans et plus. Plusieurs moniteurs poursuivent des études reliées à l'enfance ou à l'activité dont ils sont responsables (éducation physique, enseignement, arts, informatique, etc.). On gagne à choisir un camp qui embauche suffisamment de personnel.
5. Quelle formation ont-ils?
Les moniteurs devraient recevoir une formation de 50 (camp de jour) ou 60 heures (camp de vacances) portant sur la mission du camp, le rôle et les fonctions du moniteur, le profil de la clientèle dont ils auront à s'occuper (notions de psychologie de l'enfant ou de l'ado), la dynamique de groupe, les techniques d'intervention (gestion de la discipline, gestes à poser quand les enfants sont tristes, surexcités, difficiles, etc.), les techniques d'animation (chansons, jeux, etc.), l'art d'organiser des activités beau temps, mauvais temps, les règles de sécurité et les premiers soins.
6. Comment interviennent-ils en cas d'urgence?
Les camps accrédités sont tenus de compter parmi leur personnel, pour chaque groupe de 25 campeurs, au moins un secouriste ayant une attestation reconnue (Croix-Rouge, Ambulance Saint-Jean, Société de sauvetage, Commission de la santé et de la sécurité du travail. Le camp doit également prévoir des mesures d'urgence adéquates et connues des employés pour parer aux risques inhérents à chaque activité (canotage, équitation, etc.) et aux impondérables: incendie, orage, disparition d'un enfant, empoisonnement, blessure grave, etc. Si le camp n'est pas accrédité, demander aux responsables quelles sont les mesures en cas d'urgence.
7. Comment trouver le bon camp?
Il faut tenir compte de nos ressources (budget, transport, etc.), de nos besoins, de la sécurité de l'endroit, mais surtout de la personnalité et des goûts de notre rejeton. Plus l'enfant vieillit, plus il doit être partie prenante dans le choix du camp: la réussite du séjour dépend de son implication! L'ACQ regroupe 99 camps de vacances et 69 camps de jour qui répondent à une quarantaine de normes de qualité touchant le site, la sécurité, le personnel, les ratios d'encadrement, la programmation, les assurances, etc. Notre enfant peut également fréquenter sans problème un camp de jour mis sur pied par la municipalité ou un camp non accrédité, mais c'est à nous qu'incombe la tâche de juger de sa qualité. Faire des recherches avec notre enfant sur Internet, en consultant le Répertoire des camps de l'ACQ ou en visitant la Foire des camps. On peut aussi interroger des jeunes qui ont fréquenté des camps et aller visiter les endroits qui retiennent notre attention ou consulter notre dossier Raconte-moi ton camp de vacances à ce sujet.
8. Qu'est-ce qui est populaire auprès des ados?
Tout dépend des intérêts de chacun, mais la plupart des adolescents (12 à 17 ans) ont une préférence pour les camps où l'aventure, les défis et la vie de groupe sont à l'honneur. Le cyclotourisme, les escapades en montagne, le canot, le camping en forêt ou toute autre activité qui sort un peu de l'ordinaire et où ils peuvent se dépasser sont très appréciés.
9. Dois-je envoyer mon enfant au même camp que ses amis ou ses frères et soeurs ou les séparer?
Si ça le sécurise de se retrouver avec son frère, sa soeur ou une connaissance de son âge, les moniteurs n'ont rien contre cela. Le seul inconvénient possible, c'est que l'enfant s'intègre moins rapidement au groupe. Mais le moniteur vigilant s'en apercevra et il interviendra au besoin pour stimuler les interactions.
10. Existe-t-il des ressources pour les budgets limités?
Parmi les camps accrédités, 29 organisations sont en mesure d'ajuster le coût du séjour selon le revenu familial. Certains camps accordent des rabais pour les longs séjours, les familles qui inscrivent plusieurs enfants ou les inscriptions faites avant une date déterminée. Il faut s'y prendre tôt et poser des questions!
11. Comment bien préparer le séjour de mon enfant?
Discuter avec lui des activités qu'il a hâte de faire, du plaisir qu'il aura, des nouveaux amis qu'il rencontrera. Lui fournir une petite caméra jetable pour immortaliser ses souvenirs, un cahier de vacances et un sac pour apporter des effets personnels auxquels il tient, lui raconter nos aventures au camp à son âge, etc. La journée «portes ouvertes» permet de se familiariser avec le site, de voir l'endroit où l'enfant dormira, de rencontrer le directeur et quelques moniteurs, etc.
12. Que faut-il prévoir?
Si on s'absente pendant la durée du camp, désigner une personne qui agira en notre nom s'il arrive quelque chose. Compléter la fiche santé en ne négligeant aucune information importante; ne pas oublier de mentionner les restrictions alimentaires s'il y a lieu.
Les camps fournissent habituellement une liste des effets nécessaires, à laquelle on ajoute les médicaments si notre enfant en prend. La chose que les parents oublient le plus souvent? Les bottes de caoutchouc et un bon imperméable, car il arrive qu'on joue dehors même quand il pleut! Les «souliers bateau» et le blouson de nylon, vite détrempés, ne conviennent pas.
Si notre enfant a tendance à s'ennuyer, ne pas l'encourager dans cette voie. On peut toutefois convenir d'une visite à mi-camp (si c'est permis), prévoir de petites surprises qu'on cachera dans son bagage ou se promettre de lui écrire... à condition que la lettre arrive au camp pendant qu'il y est.
13. Que faire si mon enfant change d'idée la veille du départ?
Ne pas réagir trop émotivement. Le camp ne doit pas être perçu comme une punition, mais comme une récompense, une marque de confiance (on te laisse partir seul, tu es assez grand, ce sont tes vacances à toi, pas de parents!). Discuter avec l'enfant, essayer de comprendre pourquoi il a changé d'idée, ce que cache son refus (insécurité, peur, etc.). Si la situation n'est pas trop critique, poursuivre les préparatifs et se rendre au camp comme prévu en se disant qu'au pire, on le ramènera! Les moniteurs ont des trucs pour accueillir les enfants et faire en sorte qu'ils soient tentés d'aller rejoindre les autres et de jouer. Si ça ne marche pas, la politique de remboursement demeure à la discrétion du camp choisi.
Pendant le camp
14. Si mon enfant a des difficultés à s'intégrer, comment les moniteurs réagissent-ils?
Il arrive que certains enfants ne s'entendent pas du tout ou que l'un refuse de participer ou de manger parce qu'il s'ennuie ou... que les autres l'ennuient! Le moniteur en parle avec le jeune, tente d'identifier ce qui se passe et voit avec lui quelles sont les solutions possibles. Il peut aussi le jumeler avec un leader pour faciliter son intégration ou le changer de groupe si c'est nécessaire. L'enfant doit comprendre que la vie de camp est différente de sa vie de famille et en accepter les règles. Le moniteur peut consulter le chef de camp et le directeur. La plupart du temps, tout rentre dans l'ordre après quelques jours.
15. Dans quelles circonstances la direction du camp peut-elle me téléphoner?
Dans les cas de force majeure seulement (maladie, problème de comportement, etc.). Il ne faut pas non plus s'attendre à recevoir d'appel de notre enfant, puisque c'est généralement interdit: les campeurs sont nombreux et c'est souvent un interurbain. Il arrive que la direction autorise un enfant à téléphoner à ses parents si elle considère que cela peut soulager ses craintes et ses peurs, mais c'est rare. Dans ce cas, elle devrait d'abord nous téléphoner pour nous informer de la situation et nous donner des pistes pour rassurer notre enfant (compter les dodos qui restent, lui demander quelles belles activités il a réalisées, faire ressortir les éléments positifs du séjour, etc).
16. Peut-on expulser un enfant?
C'est rare, mais ça peut arriver si le comportement de l'enfant est inadmissible et qu'il empêche les autres de profiter pleinement de leur séjour. Par exemple, s'il fait des fugues à répétition, s'il représente un danger pour lui-même ou pour les autres, s'il ne respecte pas les règlements (vandalisme, drogue, alcool), s'il commet des vols, etc.
Merci à Sophie Latour, de l'ACQ, Isabelle Laliberté, formatrice pour les Camps Kéno, et Andréanne Fournier, monitrice au Camp Claret du Lac Elgin, pour leur aimable collaboration.









