Gérard Bouchard (La Presse Canadienne)

(98,5 FM) - Le sociologue Gérard Bouchard, qui a coprésidé la commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables, est déçu de la volte-face de son collègue Charles Taylor.

M. Taylor a reconnu, plus tôt cette semaine, qu'il est désormais contre l'interdiction du port de signes religieux chez les personnes en position d'autorité ayant un pouvoir contraignant comme les juges, les policiers et les gardiens de prison.

En entrevue au micro de Paul Arcand, Gérard Bouchard a néanmoins refusé de critiquer la nouvelle position de son collègue.

«Dans mon esprit, Charles Taylor n'est pas à blâmer. C'est un penseur qui a réfléchi, qui a changé d'idée et qui s'est expliqué. C'est tout à fait son droit.»

Ce retour à la case départ déplaît au sociologue québécois, mais il préfère montrer du doigt Philippe Couillard comme étant le responsable de l'échec du consensus. Le premier ministre du Québec a confirmé qu'il n'y aura rien, dans son projet de loi 62, qui interdira le port de signes religieux pour les agents de l'État exerçant un pouvoir de coercition.

«C'est monsieur Couillard qui a pris cette décision, qui a fait preuve d'une incroyable intransigeance politique et qui s'est enfermé dans une rigidité et qui a mené l'affaire à l'échec. Monsieur Couillard porte ici une grande responsabilité.»

Gérard Bouchard estime que les tensions risquent d'être ravivées et de mener à des dérapages.

«On n'a plus d'horizons, plus de références et on l'a vu dans le passé, c'est un sujet qui devient rapidement émotif. Je ne vois pas ça d'un oeil très optimiste ce qui vient de se produire.»